C’est par le truchement des écrans de salles de cinéma et sur la mélodie des génériques des séries cultes que s’énoncent les souvenirs de toutes les époques de Stéfanie Tremblay. Tantôt prose, vers libre, dialogue et photographie, les poèmes excavent des moments d’un passé qui s’enracine à Jonquière. Avec beaucoup d’humour, l’autrice réussit à réconcilier l’ennui régional de l’adolescente avec sa curiosité pour le monde des créateurs qui peuplent son horizon culturel, et démontre comment la trace s’est inscrite en elle à chaque visionnement qui l’a marquée. "Je regarde le cinéma / et le cinéma me regarde". Se dresse en filigrane la figure du père pour laquelle on découvre une grande admiration, nourrie par les références qui tissent le lien familial. Entre la vive nostalgie du vidéoclub et l’hommage à la transmission culturelle familiale, les poèmes frayent un chemin à la mémoire de ce qui est vécu : "souvent, les émotions remontent à la surface de la peau et il faut soit les vivre à travers l’écran soit les nettoyer".
Le Devoir
La critique
[...] Dans ce récit, elle décrit comment on apprend à se définir à travers les oeuvres qu'on fréquente, mais aussi comment on trouve dans nos films préférés, l'énergie vitale, comment on trouve le courage pour affronter la vie. [...] L'art, le cinéma chez Stéfanie Tremblay, dans son livre, c'est un mensonge parce que la vie n'est jamais aussi intense que ce que nous présente le cinéma, mais c'est le plus beau des mensonges, parce que ça rend aussi la vie un peu plus soutenable. [...]C'est de la poésie parce que l'écriture part dans des spectaculaires dérapes, puis c'est aussi un essai parce qu'elle réfléchit à l'effet que peut avoir sur nous le cinéma, sur comment le cinéma l'a façonnée.
Dominic Tardif, Il restera toujours la culture | ICI Première
La critique
Chaque adolescence recèle en son sein une petite aigrette de chair plus ou moins bleuie. Quatre ans après Musique, l’artiste Stéfanie Tremblay reprend le fil de ses ruminations émues en s’attardant cette fois-ci au cinéma, celui qu’on regarde, oui, mais aussi celui qu’on se fait. Elle met le doigt sur une sorte de nostalgie aussi navrée qu’idyllique, laquelle a quelque chose de définitif, au sens où tout ce qu’on absorbe passionnément à l’adolescence nous teinte et nous définit durablement pour le reste de nos vies, de diverses façons, bonnes ou mauvaises, désespérées ou réconfortantes, hasardeuses ou choisies. Ces passions pubères finissent par devenir des talismans irradiant une force obscure, mais puissante qui exige, en quelque sorte, qu’on l’honore et lui soit fidèle, ce que la poète accomplit avec une ferveur qu’on ne peut que saluer.
Philippe Fortin, revue Les Libraires
La critique
Le livre utilise le septième art pour replonger dans l’adolescence de l’autrice. Elle parle de ses expériences en les liant aux Trainspotting, Edward aux mains d’argent et autres The Mask qui l’ont forgée comme personne. Tremblay mêle à ça découvertes, pop punk et partys afin que le récit soit encore meilleur. C’est un énorme flashback nostalgique d’une vie qui n’est pas la mienne mais que je connais quand même. L’unicité de l’intimité de l’autrice rend l’identification aux poèmes universelle. [...] C’est vraiment bon. J’ai honnêtement eu envie de le relire une deuxième fois dès que j’ai tourné la dernière page. Bref, Cinéma est un livre de poésie tout à fait unique. Son style est maîtrisé et l’autofiction adolescente de l’autrice fonctionne à merveille.
Patrice Sirois, Page par Page
La critique
CINÉMA, un recueil de poésie de Stéfanie Tremblay. C'est vraiment incroyable. Si vous avez grandi, notamment dans les années 90, début 2000, vous allez complètement virer fou en lisant ça, parce que c'est vraiment un hommage à toute la culture de cette époque-là, mais c'est aussi un hommage à l'adolescence, à l'intimité. […] J'ai lu quelques pages et j'ai déjà pleuré.
Joël Martel, écrivain
La critique
Si vous aimez le cinéma, si vous en faites, Si vous vous sentez seul(e) dans un processus créatif… Vous trouverez du réconfort. Stéfanie Tremblay, votre future amie venue du Québec.
Iris, librairie Folies d’encre (Montreuil)
Stéfanie Tremblay, une artiste multidisciplinaire, qui en même temps, est autrice. Dans son livre, tout cela est présent : on la suit à travers les films de sa vie. C’est de la prose, c’est de la poésie, c'est articulé (...) Quand on pense à son propos, on est entre le divertissement, le cinéma punk — le cinéma de Trainspotting, qui va la suivre toute sa vie (...) et l’analyse du cinéma, parce que c’est quelqu’un qui a des connaissances, qui a une formation en cinéma. Et elle s’en éloigne volontairement pour créer un texte qui est punch et réussi! C’est à lire!
L’Avaleur de Livres
La critique
Ce week-end j'ai sorti de ma pile de livres à lire (qui est désormais plus grande que moi) "Cinéma" de Stéfanie Tremblay (paru en avril aux éditions de la Peuplade). Je l'ai lu d'une traite, juste avant de dormir. Je suis tombée sous le charme de cette poésie libre et intime dès la première page. Stéfanie Tremblay y raconte l'intro de Twin Peaks. C'est un livre de poésie sur la manière dont le cinéma agit en nous ("je regarde le cinéma et le cinéma me regarde"), construit des mondes, façonne notre langage poétique. Nous fait dévier, nous fait délirer la réalité, nous fait vouloir un autre monde que Jonquière au Québec. C'est un livre de poésie travaillé par les cassettes vidéos empruntées au vidéoclub, par les souvenirs, par le monologue de début de "Trainspotting", par le visage plastique de Jim Carrey, par "Sing" de Blur, par le regard des autres, par la robe rose de "Pretty in Pink", par la Nouvelle Vague, par la mort et les silences. Par la vie que l'on doit bien vivre quand on ne regarde pas de films. Par le quotidien. C'est un livre de poésie qui offre des phrases comme des cadeaux, des phrases qui font dire "ah oui le cinéma c'est ça pour moi aussi" (et la vie, c'est ça aussi), un livre drôle, qui a un humour bien à lui, qui accompagne la tristesse du deuil. Il y a des photos d'un poster en carton représentant Ewan McGregor dans Trainspotting mis en scène dans des lieux insolites. (Quand j'étais ado, j'étais moi aussi (sur)veillée par de grands posters d'Ewan McGregor.) C'est un livre de poésie sur l'autofiction, sur ce que l'on raconte quand on est agitée par les images des autres, sur ce que l'on choisit de dire de soi et sur ce qu'on mélange sciemment aux fictions des autres. Un livre sur la distance entre nous et les cassettes du vidéoclub. C'est un livre qui est porté par une voix que j'ai écoutée d'une traite dans ma tête avec enthousiasme et passion. J'ai refermé "Cinéma" et j'ai eu envie de le relire du début. Il y a des livres comme ça.
Pauline Le Gall
La critique
C'est le deuxième recueil de Stéfanie Tremblay. Le premier, c'était Musique, qui parlait plutôt de son amour de la musique grunge ou de sa place comme femme dans des bandes de garage au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Là, on parle de son amour du cinéma, du cinéma des années 90-2000. Aussi, on parle beaucoup à travers ce recueil-là, qui est très, très narratif, de son père, son père qui est décédé d'une maladie, qui est mort assez jeune. Mais comment son père, qui était horloger, l'a toujours accepté dans ses envies, dans ses désirs, dans ses goûts. [...] On a l'impression que oui, bien sûr, c'est l'adolescence, les caractères qui survolent, la puberté qui rentre en compte, mais aussi ce désir toujours de communicabilité à travers les intérêts de sa fille qui est vraiment, vraiment intéressant. C'est un recueil qui se raconte, qui est plus narratif. Donc pour des personnes qui ne sont pas nécessairement habituées à une poésie très métaphorique, je pense que c'est une belle porte d'entrée.
Anthony Lacroix, L’après-midi est à nous, ICI Première
La critique