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barques d’ombre

Gyrðir Elíasson

Nouvelles

En Islande, Gyrðir Elíasson est considéré comme un maître de la nouvelle. Son style minimaliste, oscillant entre le fantastique et l’absurde, tisse des toiles narratives où les petits vertiges de la vie résonnent avec une profondeur inattendue. Un plancher se transforme en forêt, des lamas annoncent une mort proche, un certain Adolf prend part à la restauration d’une fresque dans une vieille église, une machine permet d’accéder aux rêves d’autrui. Abordant les thèmes de la solitude au sein du couple, de l’aliénation moderne ou encore de la création artistique, Barques d’ombre est une exploration poétique de nos peurs, de nos amours, de nos quêtes de sens et de l’inexplicable beauté des moments qui nous construisent et nous défont.

 

L’envoûtant recueil navigue entre les eaux sombres de l’introspection et les lumières fugaces de l’espoir.

 

Sur cette rivière flottaient des barques goudronnées, semblables aux gondoles, avec des voiles noires. Il s’étonnait du fait qu’elles soient toutes sans équipage. C’étaient des barques d’ombre.

Parution: 18 February 2026
200 pages, 978-2-925416-77-7, 27,95$ | | 20 €

Échos de la presse barques d’ombre

L’auteur islandais Gyrðir Elíasson, à qui l’on doit de magnifiques romans poétiques et contemplatifs comme Au bord de la Sandá et La fenêtre au sud, nous offre dans ce recueil tout récemment traduit une vingtaine de nouvelles introspectives. Des histoires de couples capturés dans des instants de leur quotidien, à s’occuper de leurs plates-bandes ou à planifier la préparation d’un repas. Qui emménagent dans une nouvelle maison, tissent de nouvelles amitiés ou cessent de se parler. Parfois épuisés, enlisés dans « la désolation de leur vie ». Des enfants qui se sentent comme des croix à porter pour leurs parents. Des écrivains qui prennent la décision de ne plus jamais écrire un mot, après un séjour dans une retraite pour artistes d’Akranes ou la disparition mystérieuse d’un précieux manuscrit dans un café. Des rêves qui perturbent une journée. Autant de courts tableaux qui nous montrent le sens de la vie à travers la banalité du quotidien comme dans les grands événements qui peuvent venir le troubler, à l’improviste. Tout le talent de l’écrivain tient au fait qu’il réussisse à nous livrer les uns et les autres sur le même ton — imperturbable, rassurant, apaisant. Pour nous montrer que malgré le « lourd engourdissement » qui peut nous envahir face à une nouvelle journée ou « l’angoisse du retour au quotidien, au travail et à tout ce qui s’ensuit », après de longues vacances durement méritées, ce sont les petits gestes qui nous permettent d’avancer, un pas à la fois.
Laila Maalouf, La Presse
[...] Ce recueil de nouvelles est le dixième de l’écrivain islandais Gyrdir Eliasson, également traducteur (notamment de Richard Brautigan), et le deuxième traduit en France. Il y a quelque chose de Raymond Carver dans la mélancolie émanant des vies quotidiennes qu’il décrit, de ces détails souvent narrés à la première personne et qui, d’une histoire à l’autre, dessinent des solitudes urbaines. La banalité apparente des scènes plante une atmosphère parfois inquiétante, comme lorsqu’une femme chuchote des horreurs à l’oreille de son mari durant des nuits entières. Ou lorsque l’étrange couleur de la cage d’escalier d’un immeuble plonge les nouveaux locataires dans un profond malaise. Et que dire de cet auteur en résidence, enfermé avec sa machine à écrire, mais incapable de taper une ligne dès qu’il pleut? Cernés par les non-dits, les personnages d’Eliasson se débattent pour trouver du sens à leur existence. Ils tâtonnent pour discerner les frontières floues entre le réel et des rêves hantés de "barques d’ombre", envoûtés par une poésie noire qui nous emporte aussi.
Marie Charrel, Le Monde
Souvent considéré comme le maître de la nouvelle en Islande, Gyrðir Elíasson nous offre Barques d’ombre, son dixième recueil, constitué de 21 textes courts dans lesquels un réalisme discret est souvent fissuré par le fantastique. Chez lui, le lyrisme est souvent affaire de temps dilaté, de paysages qui exercent leur effet sur des personnages, de maisons qui avalent les gens et les objets, de solitude profonde.
Christian Desmeules, Le Devoir

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