Louis-Daniel Godin, lauréat du prix Ringuet en 2024 pour son premier roman Le compte est bon, propose avec Cindy_16 une fiction dans laquelle un narrateur tente de cerner un certain Marc-Alain Gauthier-Gagnon, qu’il a connu 20 ans auparavant et dont il vient d’apprendre la mort dans le journal. Cet homme avec qui il a déjà habité, et qu’il a désiré en vain, leurrait aussi des mineurs sur le web en se présentant sous le pseudonyme Cindy_16.
Chantal Guy, La Presse
La critique
"C’est important pour moi de trouver la bonne distance avec les souvenirs. Surtout avec un récit plus intime et vulnérable. Ça permet d’inventer, d’assumer l’inexactitude, le flou, mais aussi de pouvoir observer le vécu d’un œil externe"
URBANIA
L’entrevue
J’ai capoté! [...] J’ai ri, j’ai pleuré. [...] C’est fulgurant d’intelligence. C’est brillant! Ça va faire POW!
Nathalie Plaat, Il restera toujours la culture, ICI Première
L’entrevue
Un coup de cœur absolu pour ce roman de mémoire vertigineux issu d’un épisode à peine esquissé dans Le compte est bon (La Peuplade, 2023). Marc-Alain, ancien colocataire et amant plus âgé du narrateur qui se faisait passer en ligne pour l’adolescente Cindy_16, s’est suicidé. Autour de cet événement, Godin déploie une langue concentrique et hypnotique, une narration non fiable et une enquête profondément psychanalytique sur le désir, le mensonge et la mémoire. Un texte troublant et d’une grande maîtrise formelle. Incomparable.
Le Devoir
La critique
Après Le compte est bon, une œuvre inventive et originale, Louis-Daniel Godin revient avec Cindy_16, un autre livre envoûtant au souffle et au rythme impressionnants. Dans ce deuxième roman, il s’attarde plus longuement à un chapitre de l’ouvrage précédent. Le narrateur essaie de suivre le fil d’une ancienne histoire amoureuse qui s’est échelonnée sur deux ans, entamée quand il avait 17 ans, avec un homme de 37 ans — qui disait en avoir 27. Bien après leur rupture, il apprend que ce dernier a commis des crimes sexuels et leurré des mineurs. Il détricote ses souvenirs, tourne autour, multipliant les fines observations pour tenir le compte à nouveau. Il essaie encore de repartir à zéro, pour être quitte, pour se délester de ses doutes et de la honte liée à cette relation qui continue de le troubler.
Alexandra Migneault, Les Libraires
La critique
[...] Et voilà qu’on lit un livre d’une ingéniosité exquise et terrifiante, un nouveau livre qui redemande si le compte est bon, qui redemande à la littérature de tenir les comptes, de tenir bon, entre l’air et l’eau, entre le vrai et le faux. Il fait ça, le livre, il brûle, il montre l’immense talent d’un auteur à la bouche ouverte, la bouche ouverte de ce qu’on perd pour ne pas cicatriser.
Charles-Étienne Groleau, librairie Raffin (Montréal)
Un travail impressionnant, un grand livre, qui compte et comptera pour beaucoup d’entre nous.
Librairie Les Mots à la Bouche, Paris
La critique
L’histoire de Marc-Alain, retrouvée vingt ans plus tard, mille fois déshabillée et rhabillée par l’écriture, déploie les questions du désir, de la fiction, du mensonge et de la vérité dans un souffle immodéré, et nous engouffre sublimement dans les méandres que les êtres parlants construisent autour de la honte et de l’inavouable.
Librairie Gallimard, Montréal
La critique
Cindy_16 est sans aucun doute un texte audacieux et intrigant.
Laila Maalouf, La Presse
La critique
Entrevue de Louis-Daniel Godin avec Marjorie Armstrong à l’émission Place Publique (ICI Saguenay–Lac-Saint-Jean), diffusée le 27 octobre.
Place Publique, ICI Saguenay–Lac-Saint-Jean
L’entrevue
Ce roman est la lente déconstruction d’un nœud de jeunesse, nœud qui a pour nom Marc-Alain. Cet homme, figure fuyante que le texte approche au moyen de brillants louvoiements, a jadis été le compagnon du narrateur quand il était à l’aube de l’âge adulte. Quinze ans après leur rupture, ce dernier a découvert que Marc-Alain avait commis des crimes sexuels sur des mineurs. Que faire après pareille commotion ? Ce deuxième roman de l’auteur est un tour de force littéraire porté par une langue obsessive, la même qu’avait révélée le tout aussi marquant Le compte est bon, en 2023.
Geneviève Tremblay, L'Actualité
La critique
Dans Cindy_16, Louis-Daniel Godin revisite les deux années qu’il a vécu, de 17 à 19 an,s avec un homme dont il a appris vingt ans plus tard les actes de prédateur sexuel. Ravivant ses souvenirs, l’auteur, dans une écriture sincère sans aucune complaisance, remue de nombreux questionnements et sentiments, notamment la honte : honte de ne pas avoir vu qui était vraiment Marc-Alain, celle de n’avoir pas compris pourquoi rapidement ce dernier n’éprouvait plus de désir pour lui, celle de n’avoir jamais osé demander qui était «Cindy_16». A-t-il été ou non une de ses victimes ? Louis-Daniel Godin ne se considère pas comme telle ; son autofiction a surtout le mérite d’alerter et de servir une réflexion sur la facilité avec laquelle on peut devenir victime d’exploitation sexuelle comme de violence psychologique. Un livre nécessaire que l’on espère aussi libérateur.
Les Notes
La critique
Avec ce deuxième roman, Louis-Daniel Godin déploie une prose tendue, elliptique, où chaque mot semble tirer sur le fil d’un gilet qui se détricote lentement, laissant à nu une vulnérabilité sans exhibition, heurtée, traversée de syncopes et d’élans soudains. Le récit, porté par un narrateur en quête de sens à la suite de la mort d’un ancien amant — homme double, séducteur et criminel —, se construit dans l’urgence d’une mémoire qui trébuche, revient, s’emballe. L’écriture, fébrile et parcellisée, double les remous d’une pensée qui vacille, refusant la linéarité, tout comme la complaisance. À travers ce rythme saccadé, haletant, Godin donne forme à une expérience trouble, celle d’un adolescent pris dans les éboulements d’un désir qui le dépasse et dont les résonances continuent de le hanter.
Philippe Fortin, Les Libraires
La critique
C’est difficile de concevoir le nombre d’écueils (moraux, éthiques, esthétiques) que ce livre parvient non seulement à éviter, mais à transformer en tremplins vers d’autres seuils, d’autres points de vue, d’autres fulgurances. Un livre qui réfléchit énormément à ce qu’il veut ou doit ou pourrait être mais qui ne rechigne pas non plus à sauter sur l’occasion quand elle se présente. Avec CINDY_16, Louis-Daniel Godin a écrit une œuvre qui brille par et pour elle-même et qui en plus fait briller la littérature.
Daniel Grenier, écrivain
L’écriture navigue entre intériorité et oralité, passe du murmure au cri, se fait force agissante, prouve que le récit de soi continue à faire fleurir la littérature. Une voix singulière et accessible, non dénuée d’humour, nous propulse au cœur d’une zone dite "grise" dans laquelle l’humanité entière se débat. Un grand moment de littérature qui dépasse et transcende largement le récit et son sujet.
Marguerite Martin, Librairie Terre des livres, Lyon - Page des libraires
La critique
Un coup de cœur absolu pour ce roman de mémoire vertigineux issu d’un épisode à peine esquissé dans Le compte est bon (La Peuplade, 2023). Marc-Alain, ancien colocataire et amant plus âgé du narrateur qui se faisait passer en ligne pour l’adolescente Cindy_16, s’est suicidé. Autour de cet événement, Godin déploie une langue concentrique et hypnotique, une narration non fiable et une enquête profondément psychanalytique sur le désir, le mensonge et la mémoire. Un texte troublant et d’une grande maîtrise formelle. Incomparable.
Le Devoir
La critique
Après Le compte est bon, une œuvre inventive et originale, Louis-Daniel Godin revient avec Cindy_16, un autre livre envoûtant au souffle et au rythme impressionnants. Dans ce deuxième roman, il s’attarde plus longuement à un chapitre de l’ouvrage précédent. Le narrateur essaie de suivre le fil d’une ancienne histoire amoureuse qui s’est échelonnée sur deux ans, entamée quand il avait 17 ans, avec un homme de 37 ans — qui disait en avoir 27. Bien après leur rupture, il apprend que ce dernier a commis des crimes sexuels et leurré des mineurs. Il détricote ses souvenirs, tourne autour, multipliant les fines observations pour tenir le compte à nouveau. Il essaie encore de repartir à zéro, pour être quitte, pour se délester de ses doutes et de la honte liée à cette relation qui continue de le troubler.
Les Libraires
[...] Et voilà qu’on lit un livre d’une ingéniosité exquise et terrifiante, un nouveau livre qui redemande si le compte est bon, qui redemande à la littérature de tenir les comptes, de tenir bon, entre l’air et l’eau, entre le vrai et le faux. Il fait ça, le livre, il brûle, il montre l’immense talent d’un auteur à la bouche ouverte, la bouche ouverte de ce qu’on perd pour ne pas cicatriser.
Charles-Étienne Groleau, librairie Raffin (Montréal)
Le tour de force réside dans ce jeu de narration où l’auteur, pour se protéger et pousser la réflexion plus loin, confesse s’éloigner de Marc-Alain, lui octroyant des aspects qui ne le concernent pas directement. Il s’agit d’exposer cette relation qui pourrait se rejouer ailleurs, avec un autre adolescent et un autre adulte. L’impersonnalité atteint l’agresseur tout en amplifiant l’universalité de l’expérience. Cette manière de relater les faits, avec prudence et minutie, rappelle la démarche de Christine Angot, ce que le texte reconnaît explicitement. Même refus de l’interprétation hâtive, même effort pour rester au plus près des faits, même attention portée à ce qui résiste à la parole. Cindy_16 aurait pu basculer du côté de l’enquête ou de l’essai juridique, devenir un contre-dossier sur Marc-Alain, mais l’auteur choisit un terrain plus intime, celui d’une mémoire qui hésite, se déforme et tente malgré tout de comprendre sans juger ni conclure trop vite.
Estelle Derouen, En attendant Nadeau
La critique
Comme dans LE COMPTE EST BON, plusieurs lecteurs pourront se reconnaître dans ce qui n’était qu’au début qu’une "petite affaire".CINDY_16 est un roman bouleversant, mais profondément mémorable. C’est un texte qui dresse un portrait complexe de la relation amoureuse. En jouant entre les lignes du toxique et du sain, de l’absence et du silence, de la fiction et de la réalité, de la victime et du témoin, Godin aborde la honte sous ses multiples formes. Ce sentiment se dresse comme un personnage à la fois invisible et omniprésent, guidant la progression du texte. Le livre agit comme un processus de libération du fardeau qu’est cette honte. Le sentiment continue d’habiter le lecteur bien après la dernière page.
Laurence Drouin, Le délit | Journal francophone de l'Université McGill
La critique
Une heure avec Louis-Daniel Godin à Libraire de force
Lynda Dion, Libraire de force, CIBL 101,5
L’entrevue
Louis-Daniel Godin dans l'univers de Laurance Ouellet Tremblay
Les Libraires
L’entrevue
Dans une succession de "souvenirs troués, des souvenirs non fiables, des souvenirs qui s’effritent", Godin revisite la rencontre avec cet homme qui avait une vingtaine d’années de plus que lui — malgré le mensonge initial où il se disait dix ans plus jeune —, les premiers contacts, la cohabitation rapide, les codes d’une relation hors catégorie, sans désir partagé, sans plaisir, la rupture. L’écriture, en spirale et en envoûtements, se lie et se délie, nous fait fréquenter des chemins de traverse, met en lumière des obsessions, prend des risques. L’écrivain repasse cent fois sur les mêmes sentiers en quête de nouvelles perspectives, d’un détail oublié, d’une réponse à trouver, d’un portrait plus clair de Marc-Alain. "Parfois on pense qu’on a fait le tour d’une histoire, qu’on a tout réglé, que le compte est bon, et là on réalise qu’il faut la raconter deux fois, trois fois, quatre fois, cent fois. On réalise qu’il faut raconter chaque histoire plusieurs fois pour en faire vraiment le tour."
Dominique Lemieux, Les Libraires
La critique