La Peuplade

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La pire espèce

Cristian Fulaş

Roman

Quand le bruit court que Miron, le Premier ministre du gouvernement roumain, va être écroué, tout un monde d’argent, de sexe et de relations vacille. Des chantiers de construction aux soirées de la jet-set, La pire espèce suit durant une journée Victor, l’homme de confiance de Miron, au cœur de cet enfer. Parti de rien, il est main- tenant millionnaire. Va-t-il trahir celui qui l’a fait ou lui rester fidèle ? Dans ce système ultra corrompu et mafieux, Victor doit composer avec Robert, le propagandiste qu’il a lui-même recruté, Costin, le mystérieux conseiller de l’ombre, Théodor, le chef des Renseignements, Corina, une Madame Bovary moderne gravissant les échelons d’un univers sans pitié, Stéfane et Roxana, le couple littéraire assoiffé de reconnaissance, Gélou la canaille bling-bling et tant d’autres.

 

Avec cette prouesse monumentale d’écriture, véritable comédie humaine de l’Europe de l’Est, Cristian Fulaş, l’un des plus importants auteurs roumains contemporains, déroule le portrait universel d’une espèce soumise à la passion de la domination. Peut-être bien la pire espèce.

 

Traduit du roumain par F. et J.-L. Courriol

Parution: 5 March 2025
440 pages, 978-2-925416-34-0, 32.95$ | 24€

Échos de la presse La pire espèce

Roumanie, c’est la chute du politicien Miron, chef du parti du gouvernement, qui va finir en prison. Quel va être l’impact sur la société, ses proches ? Qui va le soutenir, ou au contraire le lâcher ? C’est le thème de ce thriller politique qui tient en haleine. Cristian Fulas décrit avec minutie et un talent narratif rare cette société roumaine qui sort avec douleur de l’ère Caucescu, avec une démocratie branlante, tenu par des oligarques tirant les ficelles des politiciens soi-disant élus par le peuple souverain. Les forces de domination par l’argent, les chantages, les compromissions sont décrites avec exactitude, glacent le sang, un scénario à la Scorsese où l'on se prend à imaginer un Joe Pesci dans le rôle de Costin, un Robert De Niro dans le rôle de Victor ou encore la sublime Sharon Stone dans le rôle de Corina. Il ne faut pas manquer de découvrir tous ces personnages, car encore une fois, tout comme dans son précédent roman Iochka, les descriptions sont minutieuses, justes, on se sent proche d’eux même si il est difficile d’avoir de l’empathie tant ils sont en globalité de la pire espèce.
Librairie des Pertuis
Panique à Bucarest alors que Miron, chef d'un gouvernement roumain imaginaire, va être arrêté. Cristian Fulas nous fait vivre cette journée haletante dans un roman rongé par la corruption. Beaucoup de cynisme et peu de cas de conscience, une flopée de personnages aussi troubles qu'éloquents : La Pire Espèce allie l'intensité de la lecture à une actualité brûlante.
Les Échos
"La pire espèce" de Cristian Fulas est le grand roman des bourgeois parvenus, de ces factotums manipulateurs d'opinion publique, parasites d'un État voyou louvoyant qui les instrumentalisent tant qu'il peut en exploitant leur avarice sans fin. Un livre comme un opéra littéraire foudroyant, dans lequel est raconté l'existence tautologique des ploutocrates et séides du pouvoir qui, au lieu de faire de l'appareil politique un incubateur à bien commun, démultiplient les malversations et bakchich pour enrichir les alliés du régime. L'écriture pénétrante de l'écrivain roumain permet au texte d'excéder la caricature, la satire et le thriller. La dégradation morale liée à la marchandisation des opinions et au règne du "faire croire" est représentée et détaillée avec tellement de fougue et d'intelligence que nous comprenons rapidement l'horreur de ces vies sans honneur peuplées de joie factice, de superficialité féroce, d'amitié feinte et de conflits permanents. L'auteur affiche les qualités d'un politologue archi conscient de l'idée que la politique est devenue une immense entreprise de brouillage. Sur l'arête de son style exalté capable de sonder les âmes démunies, nous glissons vers ces bas instincts persuadés que la littérature de Cristian Fulaș autorisent une vraie brûlure. Florica Courriol, quelle traduction métronomique!
Olivier Boisvert, Librairie Gallimard Montréal
Avec des éléments d’un thriller et d’une satire politique, Cristian Fulas signe un grand roman sur la corruption du monde politique dans l’Europe de l’Est, sur les hommes venus de nulle part se hissant très haut dans la vie politique y emmenant leurs vision du monde: ni morale, ni éthique ni humain!
Champs Magnétiques
Après Iochka, Cristian Fulaş revient en force avec un roman à l’écriture tentaculaire, reflet du pouvoir des personnages qu’il bâtit. Ces derniers, introduits un à un grâce à un rythme souvent essoufflant, vivent au plus près les soubresauts de la chute de Miron, chef du parti de gouvernement roumain en place. Tandis que Victor voit son statut scintillant, fruit de circonstances heureuses et de magouilles, être menacé, le journaliste soudoyé par le parti, maître d’orchestre d’une pléthore de médias qui reçoivent des enveloppes brunes bien bombées, planifie fuir le pays. Fait effarant à retenir ? Tout le monde s’achète, et tout le monde ne poursuit que son intérêt personnel. Miron lui-même le disait : « Y’a ni bien ni mal. Tout dépend d’où on regarde, crois-moi, petit père. » Dans ce lucide portrait d’une Roumanie corrompue minée par la quête effrénée d’un confort matériel toujours plus grand, Fulaş met à nu les fragilités des institutions démocratiques et de leurs acteurs, dont les valeurs s’effritent le temps de dire oui. De quoi donner froid dans le dos.
Florence Bordeleau-Gagné, Le Devoir
L’écrivain roumain Cristian Fulaş a connu un grand succès avec son roman Iochka, traduit en 2022 à La Peuplade. Dans ce nouveau titre, le premier ministre du gouvernement roumain est sur le point d’être emprisonné ; tandis que tout un monde de corruption et de relations menace de s’effondrer, on suit son homme de confiance durant une journée, au cours de laquelle il devra composer avec des personnages de LA PIRE ESPÈCE – et choisir entre rester fidèle à celui qui l’a fait ou le trahir.
Laila Maalouf, La Presse
IOCHKA. Parfois quand il y a une nouvelle parution, le titre précédent de l’auteur nous revient en tête. Un livre que l’on voulait lire à l’époque de son office mais que d’autre plus nouveaux, plus récents ont enterré (et nous, libraires, si on pouvait lire les romans directement dans la tête des auteurs et des autrices nous le ferions, pour être de ceux qui savent être dans le coup, en avance sur la masse, posture qui me fait encore sourire aujourd’hui). Et puis on échappe des livres comme celui-ci. Iochka de Cristian Fulas. Un grand roman, peut être même mon préféré publié à la Peuplade, qui déploie devant nous la vie d’un homme qui traverse le xxe siècle, en silence, dans une vallée en Roumanie. Une vie cicatrisée par la guerre, l’amour, la mort. Un roman qui nous imprègne longtemps après sa lecture, un livre qui repousse le prochain car on aimerait y retrouver la même puissance d’évocation et la beauté qu’une vie simple peut offrir. Mais il y le nouveau roman de Fulas, qui nous regarde, nous appelle. Il sera peut-être le prochain. Il n’est jamais trop tard, il n’y aucune date de péremption pour les grands livres.
Louis Gagné
Emballant! Victor se sent intouchable. Petite frappe végétant dans la Roumanie éternellement chaotique depuis la chute de Caeusescu, il croise la route de Miron, étoile montante politique qui parviendra au pouvoir et fera de Victor un millionnaire sur fond de sécurité mâtinée de corruption. Il a rendu des services à tout le monde, vu ou tu des histoires de cul, fait fermer des bouches à coup de talons et maintenant qu'il est riche, il se sent invulnérable, mais si les journaux ne mentent pas, Miron doit aller en prison et l'empire patiemment construit a soudain une odeur de roussi... Aussi drôle que profond, mélancolique qu'efficace, "la pire espèce" est d'une troublante actualité, plongez-y.
Vincent Edin
Au-delà d’une résonance particulièrement forte avec l’actualité des élections roumaines, la satire politique, posant avec force la question de la survie des démocraties face à la puissance des intérêts égoïstes, gagne ainsi une portée universelle.
Vincent Gloeckler
Aux débuts de l’humanité, il n’y avait pas le Verbe, peut-être un hurlement dénué de sens. Un singe qui a mis bas un homme en hurlant. Il a souri et a repris son idée : à l’origine de toute belle maison, il y a une fosse infecte pleine de boue, des murs sales sur lesquels ont pissé des ouvriers ivres, sous le parquet les déjections desséchées du temps où les toilettes n’étaient pas encore installées dans la bâtisse.
Eric Pessan

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