La Peuplade

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Les pas fantômes

François Turcot

Poésie

Voyages immobiles et sans boussole, ruelles tressées de lierres qui rattachent la terre au cosmos, Les pas fantômes nous emportent loin sur le chemin des images, des retournements. Cours en friche, murées ou secrètes, tapis perse pensé comme un jardin ouvert sur le monde, on y rencontre ici des oiseaux furtifs, des fleurs spontanées, des arthropodes peuplés de rêves en fuite.

 

L’expérience de la maladie et d’un diagnostic vertigineux pendant l’écriture de ce livre ont amené l’auteur sur des sentiers inattendus où, parfois, tout reverdit étonnamment.

 

Ici le marcheur descend vers l’étage du coeur, ici le regard se dissout dans la ville parcourue, ici s’éveillent les jardins de Tabriz.

Parution: 4 September 2024
112 pages, 978-2-925416-18-0, 21.95 | 17 €

Échos de la presse Les pas fantômes

Depuis miniatures en pays perdu (La Peuplade, 2006), François Turcot poursuit une déambulation paradoxale entre l'immense et le tout petit. Les grands espaces et les infimes détails. [...] Les pas fantômes est un exercice d"admirations brèves dans un ordinaire d'inquiétude, comme s'il fallait se hâter de sauvegarder le moindre instant de beauté. Garder en soi, pour soi, les fleures, les grands arbres, les oiseaux, les insectes, la mémoire d'ici, celle des lointains voyages - "certains souvenirs sont en friches/ et ces friches mes jardins" Respirez. Ne respirez plus. Le monde s'étale en planisphère.
Xavier Houssin​, Le Monde
Voir du pays, avec François Turcot, n’exige pas beaucoup d’efforts physiques. Dans les Pas fantômes, son dernier recueil paru en septembre (La Peuplade), le poète québécois invite à se déplacer dans ses contemplations montréalaises. Ce sont ici des «voyages botaniques», au plus proche des digitales, des capucines et des pavots dans les «jardins des déviations», là des rêveries vagabondes, pour rejoindre l’angle d’une rue de Barcelone ou les motifs d’un tapis de Tabriz. Et dans ces pérégrinations environnantes, au coin «des ruelles sans fin», la prose est une projection dans ce que la pensée ou le souvenir a de plus spontané.
Florian Bardou, Libération
Paru aux Éditions La Peuplade au début du mois, le plus récent recueil de François Turcot émeut et bouleverse par son attention minutieuse aux détails, ces petites choses que le regard effleure habituellement sans s’attarder. Tout au long de ce qui se déploie comme un pèlerinage – au courant duquel on reconnaît Villeray comme Barcelone –, le poète saisit l’éphémère. Chaque texte est un instant suspendu, où l’infiniment petit devient immense, où l’intime dialogue avec l’universel. La sensibilité de Turcot se traduit par une langue sobre, mais vibrante, où chaque mot semble pesé, chaque silence, essentiel. Ce recueil est une invitation à la contemplation. Les paysages intérieurs se dessinent en creux, dans une économie de mots qui laisse toute la place à l’émotion brute […] Le plus récent recueil de François Turcot s’affirme comme une œuvre introspective et délicate. Il n’est pas seulement un hommage aux détails, mais une véritable leçon de regard, un apprentissage de la patience et de la sensibilité.
Audrey-Anne Blais, La Presse
S’il existe un ravissement perpétuel, c’est bien l’écriture aérienne de François Turcot qui, ici, s’enracine au dehors, au jardin — ou est-ce dans l’horizon qu’est demain. Septième titre en poésie pour cet auteur primé, LES PAS FANTÔMES s’inscrivent résolument en continuité avec l’arc philosophique et narratif qui marque l’œuvre de celui sachant capter le battement du vivant. [...] François Turcot réussit, une fois de plus, à lier l’ultra réel à la pensée dans un mouvement à peine perceptible, qui ne se traduit que par la poésie. Un livre à lire comme on étire la mise en dormance du jardin.
Vanessa Bell, Les libraires
Près de vingt ans après son premier recueil, miniatures en pays perdu, qui fut suivi de plusieurs autres, François Turcot revient cette saison avec LES PAS FANTÔMES, un recueil à la beauté navrée alliant une prédisposition contemplative à un sens inné de l’image étonnante, mais juste. Entre désolation familière et exotisme onirique, les voyages immobiles du poète mènent ainsi au seuil de vertiges aussi envahissants que poignants.
Philippe Fortin, Les libraires
"On entre dans le livre à petits pas, sur l’étage du cœur, qui peut être interprété comme l’étage des fréquences émotives, ou l’étage de la cardiologie. On marche lentement et apparaissent plein de paysages, de jardins étranges, rêvés, réels, projetés. Plus le livre avance, plus les images se construisent. Et à la toute fin, il y a un crescendo." Un crescendo, oui. Avec les jardins, le cosmos, le grand, le petit. Et de belles parenthèses, entre les deux. Qui auront jailli tout aussi naturellement, à leur rythme, sur le clavier du poète. "Derrière Les pas fantômes, il y a un sentiment d’urgence, avec la maladie qui a orienté le livre. Et d’un autre côté, j’avais vraiment le désir de lui laisser tout le temps nécessaire pour apparaître exactement comme je le souhaitais."
Marc-Antoine Côté, Le Quotidien
Mû par une écriture sensorielle et introspective, Les pas fantômes est une flânerie à travers les complexités d’une splendeur intrigante. [...] Au gré des jardins sauvages, des plants d’aromates, des ciels étoilés et des pelouses à l’abandon que visite, en songe ou en réalité, un voyageur léthargique, une beauté lente et solitaire se dégage du septième ouvrage de François Turcot. [...] Sans que l’écriture et le travail qui l’accompagne soient les thèmes centraux des Pas fantômes, on ressent, à la lecture, la marque d’un poète à l’ouvrage, d’un imaginaire en gestation, d’un regard qui cherche. Cette caractéristique rappelle inévitablement la finesse et l’intuition derrière la voix de Souvenirs liquides (La Peuplade, 2019). On retrouve ici la poésie synesthésique de François Turcot. [...] une beauté lente et solitaire se dégage du septième ouvrage de François Turcot. Autour de ce qu’il explore se construit une pensée tournée vers la réminiscence et le dépouillement ; la voix poétique s’accroche aux splendeurs de la nature comme un chèvrefeuille se sert d’un treillis pour grimper.
Mégane Desrosiers, Lettres québécoises
Ma joie était grande lorsque j’ai appris que Turcot allait publier un nouveau recueil, ancré dans les méandres du corps et de la mémoire. Car ce nouveau chapitre est une plongée intime dans ce que nous pouvons vivre de plus sombre, une rasade des pires vagues que nous pouvons essuyer et qui agit comme le pivot de toutes les remises en question possibles et impossibles. C’est un muscle qui se contracte. C’est un spasme de vie. C’est un jardin de fleurs exotiques autant qu’un cherche-étoiles illuminé par les galaxies les plus lointaines.
François-Alexandre Bourbeau, librairie Liber
Ce jeu de va-et-vient rend l’œuvre accessible tout en étant énigmatique. C’est un équilibre délicat que Turcot maîtrise à la perfection.
Patrice Sirois, Page par page
Plus le recueil avance et plus le regard se porte vers le ciel, le cosmos, l’infiniment grand. On comprend que ce mouvement se calque sur ce que l’on peut imaginer d’un processus de guérison. J’ai aussi beaucoup aimé les passages où A apparaît […] C’est comme si ce recueil construisait un écrin pour ces deux personnages, donc pour A et le narrateur, un écrin qui contient un monde à la fois très grand mais aussi très intime. C’est comme si le regard du poète dilate le temps, le rend palpable. Comme on a droit à une suite d’instantanés, de petits instants de vie, j’ai l’impression que chaque texte sort la poésie de son cadre. L’écriture est fine, c’est juste, c’est ciselé, les images sont douces et pleines et vastes, c’est un recueil qui fait beaucoup de bien, qui berce, mais c’est surtout un recueil qui comprend.
Élizabeth Lord, émission Chut! Madame lit!, CKIA FM
L’herbier ou l’évocation d’arboretum s’ouvre en Espagne ou dans la ruelle proche, pourvu que le poète "effeuille le monde" pour y retrouver l’effluve des salicornes ou des sorbiers, ou l’évanescent passage des pappus de pissenlits. Le poète "recherche des chants / des mondes [...] perdu [qu’il est] dans l’orange des pavots". La présentation du recueil nous prévient que "l’expérience de la maladie et d’un diagnostic vertigineux pendant l’écriture de ce livre a amené l’auteur à sublimer le dehors...", ce qui donne ce ton confidentiel et cette tranquille écriture lente et complice du moindre aléa du temps ou de la beauté ambiante. C’est bel et bien à des "voyages botaniques" que nous sommes conviés. Ce qui mène inexorablement aux "fleurs de Tabriz", dans l’émerveillement des "motifs du tapis" oriental. Fleurs et oiseaux confondus, la foison des volutes confond vols et volutes. Parfois, "rien ne vient tout s’invente / au jardin des disparitions".
Hugues Corriveau, Le Devoir
Les pas fantômes, les vertueuses confidences, qui s’allient à l’armoire du monde. Ici, tout ce qui relie au macrocosme est l’entrelacement des silences et des énigmes. Le bréviaire, une chapelle où rayonne « une tige remarquable, où s’élèvent, radiales, trois de ses épines. » L’acuité verbale de François Turcot, qui berce les importances.
Evlyne Leraut, L’élégance des livres
Les poèmes qui composent les trois parties de ce recueil évoquent la nature : les fleurs, les arbres, les oiseaux omniprésents, les phénomènes météorologiques. Paradoxalement, cette nature scrupuleusement observée dans son infraordinaire est une nature urbaine. C’est la nature vue depuis la ville où – brusquement – une fleur venue d’Iran permet un voyage sans bouger de chez soi. La postface de l’ouvrage évoque une maladie, grave. « Les pas fantômes » serait alors une sorte de « Fenêtre sur cour » où l’œil de qui ne peut pas bouger s’évade en observant le passage des saisons, le vol des oiseaux, la variété des végétations. C’est beau, c’est d’une évidente simplicité, c’est une poésie sans spectaculaire, comme une fenêtre grande ouverte.
Eric Pessan
Chronique mensuelle. Cette fois-ci c'est Quentin Mercier qui vient avec deux livres […] C'est de la poésie mais bien plus encore, comme souvent ça nous parle plus loin, ça étend le paysage mental. On est dans la nature, on est dans des voyages immobiles, on est spontané, il y a une référence à une sorte de promenade et d'expérience aussi de la souffrance et de la douleur. Un extrait, le poème s'appelle Cueillette matinale : Agenouillé au remblai / du jour / comme une plante qui se nourrit / des brumes / – serai-je ce nuage / étalé – ce cirrus / côté cour une nouvelle / étonne / j’apprends comme chaque matin / à me taire […] J'ai beaucoup beaucoup de poèmes annotés […] On voyage, on est dans des jardins, des vertiges, on est assez épaté et puis on part ailleurs même si on a les pieds sur terre.
Quentin Mercier, RCF Radio

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