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Mouron des champs

Marie-Hélène Voyer

Poésie

Mouron des champs dit l’histoire de vies dures et empêtrées, de destinées de filles de fermiers, de pauvresses du bout du rang, de mères travailleuses infatigables aux désirs corsetés. Revitalisant brillamment le vocabulaire des parlers populaires, Marie-Hélène Voyer fouille les lieux de vie familiaux où se resserrent l’emprise de la domesticité et la violence de la contention. Cette poésie profonde et tassée comme un pain de mie porte la voix des mortes et met en lumière les encagements du passé.

 

Mouron des champs, suivi de l’essai Ce peu qui nous fonde, est l’occasion pour la poète de revenir sur la disparition de sa mère, cette femme de cendre qui s’effondre, sur les ombres qui planent depuis l’enfance et sur l’affranchissement que permet l’écriture.

 

Un souffle d’amour pour apprendre à vivre.

 

il me faudrait tracer l’histoire / de mes vieilles vivantes / toutes leurs vies raboutées / elles et moi raccommodées / dans un livre / d’amertumes rieuses / et de joies sombres

Parution: 22 mars 2022
216 pages, 978-2-925141-15-0, 21,95$ | 18 EUROS

Échos de la presse Mouron des champs

L’ennui et la liberté à la ferme ont cédé la place chez elle à la curiosité intellectuelle et à la découverte du monde une fois à l’école. Marie-Hélène Voyer est restée le plus longtemps possible à Rimouski, où elle a étudié en littérature à l’université, et ensuite à Québec. «J’y ai trouvé absolument tout pour me nourrir. […] C’est un réservoir extraordinaire pour disséquer la nature humaine»,
Michel Lacombe, Le 21e, R-C
[...] c’est cette langue poétique, rurale, rugueuse, raconteuse d'histoires qui dit la vie de la ferme, le dur labeur, les gestes répétés de ces taiseuses, travailleuses infatigables qui nous ont précédées et nous habitent, fortes. C'est ces vies d'épuisements et d'enfantements, de bêtes à soigner, d'enfants à nourrir, d'oies à plumer, de moissons à faire mais aussi la puissance des paysages, la beauté des saisons et cette vie ensemble, comme un écho qui nous rappelle à la fragilité de nos vies contemporaines.
Aurélie Garreau - Le Monte-en-L’Air, Paris
Une langue poétique puissante et saisissante... mille mercis pour la beauté et la justesse de ces mots... Marie-Hélène Voyer rend justice à ces femmes de l'ombre, terriennes, émouvantes et enfin visibles!
Delphine - Librairie des Halles, Niort
Pépite absolue.
Marguerite Martin - Librairie Terre des Livres, Lyon
Ce livre est une source où l'on s'étanche. Lorsque le temps est à l'orage et à la guerre. Un modèle où puiser l'exemplarité et la constance. J'aimerai le savoir dans les antres où l'arrogance règne pour changer l'eau des fleurs. À lire à l'aube de vos faiblesses et de vos doutes. Ici, fusionnent les vrais gens. Un livre inoubliable et inestimable.
Evlyne Leraut, Babelio
La poésie comme un affranchissement. Subjuguée et bouleversée par ce recueil!
Valérie Schopp
Marie-Hélène voyer en entrevue à "Plus on est de fous, plus on lit"
Entrevue avec Marie-Louise Arsenault à Plus on est de fous, plus on lit, R-C
Un livre intense pour dire la liberté de ne pas reproduire la souffrance.
Stéphane Bataillon, Journal La Croix
Assurément l’un des plus beaux livres de poésie que j’ai pu lire depuis le début de l’année.
Guillaume Richez
Comme de petites fleurs rouges et bleues émergeant des terreaux malaisément fertiles de la domesticité, de la filiation, de l’amour et du deuil, le tout nouveau recueil de celle à qui on doit déjà EXPO HABITAT, mais aussi l’excellent essai L'HABITUDE DES RUINES, est une étincelante démonstration des vertus insoupçonnées de la vulnérabilité faite littérature. D’inquiétudes en suffocations, de râles en appréhension et de soucis en chuchotements, des cuisines de l’enfance au comble des regrets et du mausolée du souvenir aux fosses de la désolation, la poète se fait la moissonneuse d’un mauvais sang dont la coagulation s’effectue au gré d’une nomenclature inspirée, d’extirpations salvatrices et d’une froideur qui n’atteint jamais les yeux de celle qui nomme sans coup férir l’inaltérable fixité des révolutions toujours à faire.
Philippe Fortin, Librairie Marie-Laura (Jonquière)
Dans une langue riche de mots anciens, l’autrice brosse le portrait d’une vie austère, balisée par les tâches quotidiennes découlant de l’exploitation d’une ferme. Sa mère avait pour particularité d’élever des oies. Elle appréciait leur compagnie, les appelait ses filles, alors que sa véritable enfant était tenue à distance par cette étrange congrégation. "La vie agricole demande de se dédier aux animaux. Chaque jour, les bêtes attendent d’être nourries, soignées", a souligné Marie-Hélène Voyer à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. À cette hostilité des oies correspondait l’incompréhension de sa mère, face à son désir de décrocher un diplôme. Comme si rompre avec le fatalisme dans lequel des générations de femmes avaient été confinées représentait une forme de trahison.
Daniel Côté, Le Quotidien
MOURON DES CHAMPS est une plante sauvage qu’il faudra cueillir pour se rappeler que l’écriture et la lecture peuvent souvent être un refuge.
Dominique Lemieux, Les libraires
Pris dans les élans rugueux du parler populaire, on se laisse volontiers aller à cette langue acérée par la précision et l’énergie.
Estelle Lenartowicz, Lire Magazine littéraire
★★★★ Le quatrième livre et deuxième recueil de poésie de Marie-Hélène Voyer, Mouron des champs, représente un travail magistral [...] Par la force du langage et un va-et-vient entre le personnel et l’universel féminin, la poésie de Marie-Hélène Voyer frappe juste et fort, dépassant l’anecdote ou le pathos. Ça geint, ça grouille et ça gigote dans ce livre avec "une écharde enfoncée dans le palais" pour percer tous les secrets, les "corps creusés d’ombre" et les "larmes nécessaires pour faire un gâteau des anges".
Mario Cloutier, La Presse
Si un seul mot suffisait à rassembler les thèmes et obsessions qui irriguent l’œuvre de Marie-Hélène Voyer, ses essais comme sa poésie, ce serait le beau mot de traces — pour tout ce qu’il porte en lui de résistance à la disparition, de nostalgie, et ce qu’il dit du temps qui passe et de ce qui reste. D’un côté, les traces matérielles du bâti ancien qui disent l’histoire partagée du peuple québécois et des gens qui le composent. De l’autre, le souvenir des vies révolues, comme celles des femmes qui vivaient à la dure dans les fermes, pauvresses du bout du rang contraintes à la domesticité comme à une geôle et pourtant rebelles et vibrantes. Aussi dissemblables soient-ils, ces vestiges d’un monde disparu sont la matière des paysages extérieurs et intérieurs qu’explore Marie-Hélène Voyer. Elle cherche les signes du passé et se fait le relai de ce qu’ils ont à dire du présent, de son identité, ou encore des conditions d’une transmission de la mémoire. Les textes de Marie-Hélène Voyer n’ont pas fini de laisser des traces sur nos paysages.
Le Monte-en-l'air
Le rythme de l’autrice, le langage familier de nos ancêtres m’ont tellement plu que je ne pouvais plus m’arrêter. J’ai retrouvé avec ces mots archaïques, une odeur de foin dans une petite cuisine à la tombée du jour. Marie-Hélène Voyer a réussi avec brio à me transporter dans son univers.
Page par page
Quatre ans après EXPO HABITAT, voici enfin le grand retour à la poésie de celle à qui nous devons aussi l’excellent essai L’habitude des ruines, paru l’automne dernier. Tenancière d’une parole à la fois contrite et libérée qui nomme, dénonce et pourfend les plus immémoriales des aliénations domestiques, Voyer ratisse très large tout en creusant profondément les impitoyables sillons d’un malaise générationnel aux proportions ontologiques. Une poésie férocement réaliste qui donne l’impression de fixer l’interdit soleil noir des éclipses.
Philippe Fortin (Librairie Marie-Laura), Revue Les libraires

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