Dans son plus récent recueil, Isabelle Gaudet-Labine se fait l’oracle moderne d’un monde en déliquescence. Fort de sa langue à la fois mordante et lumineuse, Rien ne sera parfait s’impose comme un manifeste. Isabelle Gaudet-Labine y pose avec intensité la question essentielle de notre relation au futur compromis. Sa réponse, loin des certitudes faciles, est lucidité douloureuse, espoir têtu, conscience des abîmes et célébration obstinée des possibles.
Audrey-Anne Blay, La Presse
La critique
★★★★ Isabelle Gaudet-Labine a une manière très cassante de dire les choses, comme s’il lui fallait suivre un souffle court, haletant. Poésie étrange aussi qui décrit le monde sous un halo brumeux et étonné : «L’autre visage / le plus acharné de tous / déglutit ses pommes quotidiennes / au poison des heures longues». Pour elle, «la nuit / inculque la mémoire / de la sève». Nourriture terrestre, donc. Ce n’est pas nécessairement clair. On nous demande de suivre une impulsion : «Il m’appartient d’entrer là / où ma langue d’étire // de me ruer sur le bleu». Or, «La nuit avait pourtant / de verts éclats de cosses». Est-ce sa manière de traquer «des mots presque tendres // des façons de retenir / ce qui fuit»? Gaudet-Labine est une poète qui va à l’essentiel, qui ne s’embête pas de fioritures. «N’espère-t-on pas / lécher moins bêtement notre os?» écrit-elle. Et c’est ce qui fait la valeur de sa poésie, à savoir ce ton à bout de souffle, comme en équilibre précaire sur le réel. Elle suit précisément «ce qui se meut / et meurt dans nos traces». Projet audacieux qui concilie des passages réalistes et d’autres aux emportements heureux : «j’assemble en écheveau / l’eau des tempêtes».
Hugues Corriveau, Le Devoir
La critique
[...] une aventure douce-violente qui nous hante même après la lecture. Je recommande chaudement de lire Isabelle Gaudet-Labine.
Page par Page
La critique
[...] un chant intérieur qui refuse le silence et cherche, dans le tumulte, la possibilité de clartés nouvelles.
Les libraires
La critique
[...] une suite d'images étonnantes et fluides qui dialoguent avec l'art visuel, et dans lesquelles la fin du monde est un fait avéré et égal aux autres.
Laurence Olivier, Lettres Québecoises
La critique
Dans une poésie alerte et forte, qui tient le compte des désolations comme des sourires, et qui sait départager le vrai du faux, Rien ne sera parfait rend compte d’une inquiétante paralysie rythmée par l’angoisse du quotidien : "Nous sommes nombreuses à marcher / sans laisser de trace." La forme réglée des poèmes où tout semble à sa place contraste avec l’inquiétude qu’ils nomment ("nos pensées nourrissent à peine / une heure / une étincelle") et réclame discrètement un retour à la virtuosité délicate de la simplicité telle qu’on la retrouve dans la nature. La voix d’Isabelle Gaudet-Labine porte en elle le secret d’un équilibre savant du monde dont elle fait état, et, en même temps, la certitude que cette ombre qui pourrait le faire vaciller n’est jamais très loin. On s’y sent toutefois étrangement protégé, parce que de cette voix émane une forme de justesse sensible et que ce qui gravite autour de la nuit y est veillé avec respect. "Si tu n’as pas à souffrir / ne souffre pas / par respect pour ceux qui souffrent."
Laurie Bédard, Le Devoir
La critique