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TIENS TA LANGUE

Matthew Tétreault

Roman

Sainte-Anne-des-Chênes, Manitoba. Richard apprend que son grand-oncle Alfred repose entre la vie et la mort à l’hôpital de Saint-Boniface. Ce drame va conduire le jeune homme à revisiter le passé de sa famille métisse dont Alfred était le dernier détenteur. Sous les grandeurs fragiles d’une mythologie riche en coups d’éclats et en gueules de bois se terre une blessure. La honte de parler le mitchif et le français, d’avoir appris ces langues en cachette, mais aussi la douleur d’être l’héritier d’une histoire autochtone tragique, qui a vu ses revendications ployer sous la violence coloniale et dont la culture fut minorée et les terres volées. Or, il se pourrait bien que le terrain familial ait été malhonnêtement bradé par le vieux Gauthier. C’est ce que Richard soupçonne et il veut en avoir le cœur net, ne serait-ce que pour retrouver sa fierté devant la belle Becky.

Avec un sens aiguisé du récit, Matthew Tétreault nous plonge au cœur d’une fresque passionnante et méconnue, l’histoire métisse du Canada, toujours vivante et loin encore de s’achever.

 

*Traduit de l’anglais (Canada) par Luba Markovskaia*

Parution: 2 April 2025
440 pages, 978-2-925416-41-8, 32,95$ | 24€

Échos de la presse TIENS TA LANGUE

À Sainte-Anne-des-Chênes, au Manitoba, la perspective de la mort prochaine de son grand-oncle incite Richard à revisiter l’histoire de sa famille. Si ce passé a ses mythes, expansifs et éclatants, il a aussi ses douleurs : le colonialisme et ses violences, le mitchif et le français appris en cachette, la propriété familiale sournoisement liquidée. Traduit de l’anglais par Luba Markovskaia, le premier roman de Matthew Tétreault, Métis du Manitoba qui est aujourd’hui professeur en études autochtones, promet de faire de cette histoire une fresque grisante, où l’Amérique métisse, aussi sémillante que tenace, refuse de se faire petite.​
Amélie Panneton​, Nouveau Projet
Quand Richard, un Métis du Manitoba, apprend la mort imminente de son grand-oncle, c’est tout un passé douloureux qui reflue dans sa mémoire. Sa pensée sinueuse et mélancolique, qui épouse son récit, s’accroche aux mythes familiaux tout en rouvrant de vieilles cicatrices laissées par la violence coloniale, comme la quête d’un territoire ou la lutte pour parler mitchif et français. Le roman est d’autant plus intéressant qu’il restitue, grâce à une traduction soignée, toute la langue orale représentative de la parole métisse.
L'actualité, Geneviève Tremblay
Ce premier roman nous entraîne sur des sentiers qui n’avaient pas encore été défrichés, nous offrant ce que la littérature réussit à faire le mieux : donner une voix à ceux qui se sont trop longtemps retenus de parler.
Laila Maalouf, La Presse
Quand il apprend que son grand-oncle Alfred a fait un AVC, Richard se replonge dans ses souvenirs impliquant cet homme dont il a toujours été proche. D’un épisode à l’autre, le lecteur découvre le quotidien d’un Métis manitobain et sa volonté plus ou moins affirmée de se réapproprier une histoire à peine murmurée et une langue progressivement avalée par l’anglais. Car si Alfred parlait mitchif (langue du XIXe siècle qui mêle le français et le cri), Richard, représentant de la troisième génération, n’en connaît plus que les rudiments. La petite cabane d’Alfred, vacillante au milieu des bois, survivra-t-elle à l’inondation? Les Métis sauront-ils tenir le coup, maintenir leur langue ? Traduire ce roman comportait bien sûr un grand défi, soit rendre compte de cette perte illustrée, dans l’original, par une alternance linguistique dans les dialogues et une narration en anglais. Si quelques morceaux ont nécessairement été perdus en cours de route, l’essence du récit, oscillant entre quête des origines et vulnérabilité masculine, demeure résolument intacte. ★★★★
Florence Bordeleau-Gagné, Le Devoir
Faut-il taire son héritage ou le perpétuer? À quel moment devient-on réellement adulte? Richard arrive à un âge de sa vie où il doit faire un choix, un vrai. Il redécouvre ainsi ce que signifie être métisse, en s’insérant dans une généalogie où ses aïeuls ont été dépossédés de leur culture autochtone, dans le cadre d’une acculturation oppressive orchestrée dès l’enfance par le gouvernement canadien, dès les pensionnats où les religieuses lavaient la bouche au savon des enfants leur faire passer l’envie de parler mitchif. Ce premier roman a beaucoup de charme entre ses personnages authentiques et touchants, ainsi que sa capacité à transporter à travers le temps, tout en portant une réflexion sur ce qu’est une identité multiculturelle.
Benzine magazine
Oeuvre à la fois prenante et enrichissante, Tiens ta langue saura vous toucher, vous divertir et vous faire réfléchir à la multiplicité des identités qui cohabitent au sein d’un Canada plus compliqué qu’on a tendance à le penser.
Gabriel Marcoux-Chabot, écrivain et enseignant
Dans le matin blême, le jeune Richard rentre chez ses parents après une soirée trop arrosée, un flirt potentiellement incestueux et un accident de voiture. Le mauvais sort ne lâche décidément pas Richard, car en arrivant sa mère lui annonce que son grand-oncle Alfred est à l'hôpital entre la vie et la mort, et lui demande de partir à la recherche de son père, parti sans son cell, pour lui annoncer la nouvelle. Cette mission va le faire traverser sa région de Ste-Anne-des-Chênes, et chaque lieu, chaque personne, sont l’occasion de réminiscences en tiroir sur sa vaste famille. Prise entre plusieurs héritages, incertaine dans l’acceptation de son ascendance métisse, catholique et francophone mais immergée dans la langue anglaise, cette famille reste fermement implantée dans cette région de forêts, et imprégnée de son terroir. Traversée de drames, de vieilles rancœurs, la parentèle de Richard est aussi riche de son passé. Alfred est le fil rouge de cette histoire pleine d’incises, une figure lumineuse et chaleureuse, ce qui n’abonde pas dans le reste de la famille étendue, mais portant lui aussi sa croix. Avec une plume vivante, souvent mélancolique voire amère, Tétreault nous offre un récit impressionniste: il faut prendre un peu de recul, avec Richard lui-même, pour enfin contempler le tableau dans son ensemble. À mesure que Richard avance à la recherche de son père et que l’état d’Alfred se dégrade, il constate l’impasse de sa vie, pleine de non-choix, et des opportunités qu’il a laissées passer, en écho des choix de ses parents et grands-parents avant lui. Mais aller de l’avant sans rompre avec ses racines est possible, et la recherche de cet équilibre est la quête d’une vie.
Librairie La maison des feuilles

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